Jakob Ibounig, chancelier du diocèse de Carinthie en Autriche, a appelé dans une interview au journal catholique local Sonntag la FSSPX comme Rome à s’entendre au sujet des sacres et à avoir moins de suffisance. Il a aussi fustigé les erreurs professées par les ultras du Concile comme par la FSSPX.
« « Il y a sans doute une certaine étroitesse d’esprit de la part de la Fraternité, voire une mentalité de supériorité morale », a déclaré le chancelier.
Par ailleurs, il a aussi fustigé les errements de l’aile gauche de l’Eglise – sans les nommer, les tenants du schisme allemand en Autriche : « en ce qui concerne l’aile gauche de l’Église, nous sommes d’une tolérance extrême ; nous acceptons toutes sortes de revendications, même des modifications substantielles des sacrements et des violations publiques du célibat. Dans le même temps, ce même groupe se montre intolérant envers les milieux aux opinions divergentes. » Ibounig estime donc qu’« un certain degré de compromis sera nécessaire de la part de l’Église ».
Et d’expliquer dans l’interview que les deux points de vues sont erronés, tant celui de la FSSPX qui estime que la conception catholique de soi a pris fin en 1962, que ceux des ultras conciliaires qui « affirment que l’Église n’a véritablement commencé qu’avec le concile Vatican II ». Pour le chancelier, le pape se trouve pris dans cette tension, s’efforçant de maintenir l’unité des deux camps : « L’amour doit être plus fort que toute suffisance et tout esprit étroit. Et ces deux travers existent des deux côtés. »
Moins de suffisance : la paille et la poutre
Néanmoins sur la messe traditionnelle, le chancelier Ibounig a enfoncé toutes les portes ouvertes dans le droit fil des ultras du Concile, qualifiant la messe tridentine de reconstitution figée de la messe médiévale – bel anachronisme à la clé, puisqu’elle a été proclamée en 1568 donc à la Renaissance :
» « En principe, il est bon qu’il y ait une évolution dynamique, où le passé reste présent. Si je me mets à reconstituer et à rejouer la liturgie telle qu’elle aurait pu être célébrée au Moyen Âge, cela pourrait être intéressant, mais ce n’est pas un événement vivant. Cela reste quelque chose de figé dans un musée, une imitation théâtrale. On peut néanmoins s’en inspirer. »
Peut-être faudrait-il fouiller les archives et les bibliothèques diocésaines de Klagenfurt et Gurk pour offrir un manuel d’Histoire de l’Eglise au dignitaire autrichien?


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