Lorsque Jésus-Christ eut disparu dans les hauteurs du ciel, les Apôtres et les disciples, avec Marie, Mère du Sauveur, et les saintes femmes, se retirèrent à Jérusalem, dans la salle du Cénacle, au nombre d’environ cent vingt personnes.
Là, tous persévérèrent dans la prière, en attendant la venue promise de l’Esprit-Saint, qui devait les transformer et renouveler, par ce groupe primitif de l’Église, toute la face de la terre, selon les Prophéties. Cette retraite spirituelle se prolongea pendant dix jours, durant lesquels s’entremêlèrent les prières et les pieux entretiens.Lorsque les jours de la Pentecôte furent accomplis, tout à coup, de grand matin, se fit entendre, dans les hauteurs du ciel, un grand bruit, semblable à un vent impétueux, qui retentit dans toute la maison et l’ébranla.
En même temps, l’assemblée entière vit comme un feu venant d’en-Haut, et d’où se détachèrent des langues de flammes qui vinrent s’arrêter sur chacun des assistants. Tous, à l’instant, furent remplis du Saint-Esprit et commencèrent à s’exprimer en diverses langues, sous l’impulsion de l’Esprit divin. À l’occasion de la fête juive qui avait lieu cinquante jours après Pâques, d’où son nom de Pentecôte, Cinquante, il y avait à Jérusalem des gens sincèrement religieux, appartenant à toutes les nations qui sont sous le ciel.
Au bruit du prodige, une multitude accourut de toute part, s’extasiant d’entendre les disciples de Jésus qui s’exprimaient et se faisaient comprendre, par un inexplicable mystère, dans toutes les langues de leurs auditeurs.Saint Pierre prit la parole, résuma le plan de Dieu dans la Rédemption du monde, et invita le peuple à la Foi au Christ et à la pénitence.
Trois mille se convertirent et furent baptisés. Quelques jours après, cinq mille Juifs crurent en Jésus-Christ ; l’œuvre des conversions continua ; les persécutions du Sanhédrin ne purent entraver l’œuvre de Dieu, qui s’étendit dans toute la Judée et la Galilée, puis dans la Samarie et les pays circonvoisins, et enfin dans le monde entier.
Les merveilles de charité et de sainteté de la primitive Église complétèrent l’action divine et produisirent partout, non pas une admiration stérile, mais des prodiges de sanctification et d’héroïsme.La Pentecôte fut, à proprement parler, le premier jour de l’Église, les prémices et le gage de la transformation surnaturelle de l’univers. La Pentecôte, comme la Résurrection et l’Ascension, est une preuve lumineuse de la divinité de l’Église.
La Pentecôte expliquée par les meilleurs auteurs:
- Dom Prosper GUÉRANGER, OSB, L’Année liturgique, tome IX : « Le temps pascal 3 », Le Saint jour de la Pentecôte, pp. 264 à 335 :
- Cardinal Ildephonse SCHUSTER, OSB, Archevêque de Milan, Liber Sacramentorum (tome 4, pp. 182-192 : Vigile et Fête) :
- Dom Pius PARSCH, Le Guide dans l’année liturgique :
Racontons maintenant comment le Saint-Esprit descendit sur les Apôtres. Comme on le sait, après l’Ascension du Seigneur les Apôtres et les disciples retournèrent à Jérusalem. Ils demeurèrent ensemble dans la salle du Cénacle, dans ce lieu sacré où le Sauveur était si souvent apparu, dans ce lieu qui fut la première église chrétienne. Ils étaient rassemblés, là, environ 120 personnes. C’est là qu’ils élurent Matthias Apôtre à la place du malheureux Judas ; c’est là qu’ils prièrent et qu’ils attendirent le Saint-Esprit.
Dix jours étaient passés depuis l’Ascension du Seigneur. C’était un dimanche, un jour de Résurrection ; vers 9 heures du matin, ils se trouvaient réunis et ils priaient avec ferveur. C’est alors que le Saint-Esprit descendit sur eux. Remarquons bien que tous les grands événements, dans la vie du Christ, se produisirent pendant qu’il priait. Au moment où le Sauveur, après son baptême, priait, le ciel s’ouvrit et le Saint-Esprit apparut sous la forme d’une colombe ; de même, c’est pendant qu’il priait sur le mont Thabor que le Seigneur fut transfiguré. Sans doute, c’est pendant qu’elle priait que la Sainte Vierge reçut le message de l’ange et fut couverte de l’ombre du Saint-Esprit. Il en est de même ici. C’est par la prière que la petite communauté prépara la voie à l’Esprit qui descendit sur elle.
Il en est de même aujourd’hui à la messe et, en définitive, dans toutes les messes. Par la prière, nous rendons notre âme apte à recevoir le Saint-Esprit. La descente du Saint-Esprit sur les Apôtres fut, il est vrai, intérieure et invisible, mais elle fut accompagnée de manifestations extérieures.
Ces manifestations furent les suivantes : Il se fit un grand bruit, comme si avait soufflé un vent violent. Ce bruit vint soudain du ciel ; ce n’était pas une tempête qui faisait rage autour de la maison, mais ce bruit remplit toute la maison ; le Cénacle où ils étaient assis. Ce n’était donc pas un vent naturel, mais un miracle de Pentecôte. La seconde manifestation consista en des langues de feu qui se reposèrent sur chacun des Apôtres et des disciples. Ces langues étaient le signe visible qui indiquait la venue du SaintEsprit en eux. Quand nous célébrons aujourd’hui la sainte messe, surtout au moment de la Communion, la force du Saint-Esprit descend aussi sur nous. Sans doute nous ne voyons pas de langues de feu, mais nous recevons tout ce qu’indiquent les langues de feu.
On nous parle encore d’un troisième effet extérieur de la descente du Saint-Esprit. Les Apôtres et les disciples purent parler en plusieurs langues. L’Écriture nous raconte encore qu’en entendant le grand bruit, de nombreux pèlerins, venus pour la fête, se hâtèrent vers le Cénacle.
La Pentecôte, en effet, était une des trois grandes fêtes juives pour lesquelles les Juifs devaient se rendre à Jérusalem. A ces fêtes, venaient aussi, volontiers, des Juifs des pays étrangers, et aussi des païens qui avaient adopté la religion juive. Il y avait donc là une multitude variée de gens qui parlaient toutes sortes de langue. Ce furent ces gens qui vinrent.
Alors, s’avancèrent les Apôtres. Ces hommes, jusque-là si timides et qui se renfermaient par peur, sortirent de la maison et chacun se mit à parler dans une langue différente. Les étrangers furent frappés de stupeur. Les Apôtres n’étaient pourtant que de simples Galiléens qui ne savaient que leur langue maternelle, et voilà qu’ils parlaient dans toutes les langues du monde. Comment cela pouvait-il se faire ?
Quand les nombreux pèlerins eurent entendu le premier sermon de Pentecôte, ils rentrèrent en eux-mêmes et demandèrent à Pierre : Que devons-nous faire ? Pierre répondit : Convertissez-vous, faites-vous baptiser, alors vous recevrez le don du Saint-Esprit.
En ce même jour, 3.000 personnes reçurent le baptême. Nous nous demanderons peut-être : quelle est l’importance du miracle des langues ? Rappelons-nous la tour de Babel. Les hommes, alors, voulurent, dans leur orgueil, élever une tour jusqu’au ciel. Dieu, pour les punir, brouilla leurs langages. Le péché sépara et désunit les hommes. Mais le Christ est venu pour rassembler tous les hommes dans une seule Église et les unir avec lui. Il faut qu’il n’y ait plus désormais qu’une seule famille de peuples. C’est ce que veut indiquer le miracle des langues. Nous aussi, chrétiens, nous avons reçu un don des langues qui fait que tous les hommes nous comprennent. Ce don des langues, c’est la charité qui a été répandue en nous par le Saint-Esprit. La charité unit tous les peuples ; par la charité, on peut se faire entendre de tous les hommes.

Laisser un commentaire