Le pape Léon XIV s’est enfin décidé à contacter directement la FSSPX, ce qu’elle demandait depuis des mois. Et ce, à la veille des sacres – prévus le 1er juillet – donc probablement trop tard.
Au Révérend Pere Davide Pagliarani
Supérieur Géneral
de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
C’est avec paternité que je souhaite m’adresser à vous et, à travers vous, aux évêques, aux prêtres, aux séminaristes et aux fidèles liés à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, conscient de la responsabilité que le Seigneur m’a confiée en tant que Successeur de l’Apôtre Pierre.
L’Église reconnaît l’attachement à la vie liturgique, l’engagement dans la formation sacerdotale, le zèle apostolique et le désir de fidélité à la Tradition qui caractérisent de nombreuses personnes et communautés liées à cette Fraternité. Cela a motivé l’attitude d’attention et de bienveillance que mes Prédécesseurs vous ont constamment manifestée.
Dans cet esprit, et rempli d’affection chrétienne, je vous demande et vous prie de tout mon cœur : revenez sur vos pas ! Je vous exhorte à considérer avec attention le bien spirituel des fidèles car l’acte schismatique que vous avez l’intention d’accomplir les priverait de la réception licite, voire dans certains cas valide, des sacrements qu’ils aiment et recherchent pour leur sanctification.
L’Église est ouverte à un chemin de dialogue et d’entente que le Saint-Esprit peut rendre possible et fécond.
Je prie pour vous car déchirer la Tunique sans coutures du Christ est un péché d’une extrême gravité. Que le Seigneur éclaire vos consciences et réveille vos cœurs. En vertu de l’autorité que j’ai reçue du Christ, c’est le cœur attristé, mais encore rempli d’espoir, que je me sens le devoir de vous demander de renoncer à votre projet. Je confie ces intentions au Cœur Immaculé de Marie, Mère du Bon Conseil.
Du Vatican, le 29 juin 2026
Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul
LÉON PP. XIV
Une initiative reçue avec circonspection – même si la FSSPX n’y a pas répondu officiellement. Sur le forum catholique, le blogueur Ennemond qui en est proche, réagit : « Comme on aurait souhaité un tel message il y a, ne serait-ce que trois mois. Le ton est apaisé mais comment comprendre que, en un an on puisse recevoir Sarah Mullaly ou le père James Martin, mais jamais un seul membre de la FSSPX ?
Met-on toutes les chances de son côté en confiant un tel dossier au cardinal Fernandez ? C’est un peu comme si le président français avait nommé Rima Hassan ambassadeur de France en Israël. Reste cette phrase glaçante : « Il faut que l’Eglise avance ». Vers quoi ? on craint de l’imaginer ».
D’autres se rappellent la démarche de la nonciature de Berne, évoquée par Mgr Lefebvre lors des sacres de 1988, dans son homélie : « Hier soir, à 18 heures, est arrivé un envoyé de la nonciature de Berne avec un pli contenant un appel de notre Saint-Père le pape qui mettait tout simplement à ma disposition une voiture qui devrait m’emmener hier soir même à Rome, pour éviter que je ne fasse ces consécrations épiscopales aujourd’hui, sans me dire ni pourquoi, ni où je devais me rendre à Rome. Je ne sais pas ; mais une voiture était donc mise à ma disposition pour partir immédiatement hier soir à 18 heures pour Rome. Vous jugerez vous-mêmes de l’opportunité et de la sagesse de cette demande. Je suis allé à Rome pendant de nombreuses journées au cours de cette année, même plusieurs semaines ; le Saint-Père ne m’a pas invité à venir le voir. J’aurais été sans doute heureux de le voir, si des accords avaient été définitifs…«
On peut se demander si Rome a voulu maintenir le dialogue jusqu’au bout… ou de façon tout à fait formelle, trouvé un prétexte pour justifier la rupture et de futures excommunications ?
L’abbé Pagliarani lui a répondu :
Très Saint-Père,Soyez très vivement remercié pour la lettre que Vous avez bien voulu m’adresser.J’ai été profondément touché par Votre sollicitude paternelle.Depuis longtemps, j’aurais souhaité avoir l’occasion de Vous rencontrer afin de Vous exprimer personnellement notre désir sincère de servir l’Église. Malheureusement, cette occasion ne s’est pas présentée.
Je vous demande simplement de bien vouloir considérer l’authenticité de cette intention, qui n’a rien de factice. Paradoxalement, dans le contexte actuel, il nous semble être précisément notre devoir de faire tout notre possible pour recoudre la tunique du Christ, déchirée par des forces et des pressions incompatibles avec un esprit authentiquement catholique.
Je vous demande simplement de considérer l’authenticité de cette intention, avant de prendre une décision concernant la Fraternité Saint-Pie X. Il n’est pas trop tard.
Loin de nous l’idée de nous séparer de l’Église romaine ; au contraire, nous désirons la servir par des moyens extraordinaires, comme on vient en aide à une mère en difficulté qui a besoin d’un secours particulier, même si celui-ci n’est pas compris de tous. Mais je suis certain que le Saint-Père pourrait le comprendre.
Le Saint-Siège a déjà montré qu’il pouvait comprendre des situations très complexes et prendre le temps nécessaire.Je me permets donc de Vous demander filialement de prendre le temps qu’exige ce discernement.
Si mes paroles ne suffisaient pas, je Vous demanderais de réfléchir à deux faits très simples. Tout d’abord, la Fraternité a déjà été déclarée schismatique en 1988, pour des raisons et dans des circonstances absolument analogues à celles d’aujourd’hui ; et pourtant, après tant d’années, nous nous parlons comme un père avec son fils. Votre Sainteté m’exhorte paternellement à éviter un schisme qui, théoriquement, aurait déjà eu lieu.
Ne pensez-Vous pas que cette attitude même, dont j’apprécie profondément la sollicitude, constitue précisément la preuve que la Fraternité n’est ni schismatique ni hostile à l’Église ?
En second lieu, il y a quelques années, le Saint-Siège a confié à deux évêques de l’Église la mission de dialoguer avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : Mgr Vitus Huonder, alors évêque de Coire, aujourd’hui décédé, et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana. Tous deux, après avoir pris le temps nécessaire au discernement, ont reconnu l’esprit profondément catholique de la Fraternité et en ont rendu publiquement témoignage.
Mais surtout, je me permets de m’adresser à Votre Sainteté au nom des milliers d’âmes qui ont retrouvé la foi catholique et la pratique religieuse grâce à l’apostolat de la Fraternité. C’est un fait dont Vos prédécesseurs ont eux-mêmes pris acte. Ces âmes n’ont qu’un seul désir : parvenir au salut par cet instrument que la Providence a mis à leur disposition. Elles ont souffert et elles sont sincères. Je suis certain que Votre cœur paternel de Pasteur universel sera sensible à cette situation si particulière.
Un jour, toutes les difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité seront résolues. Un geste de compréhension de Votre part, loin de nuire à l’unité, ne pourrait que manifester aux yeux du monde et de tous les chrétiens Votre souci de l’unité et Votre bonté de père.
Je laisse tout cela à Votre bienveillante considération. Je renouvelle ma prière pour Votre Sainteté.Depuis longtemps, avant même Votre élection, je prie sainte Rita pour la situation présente. J’ai vu dans l’élection d’un Pape augustinien un signe d’espérance. Je suis certain que la sainte intercédera. Il n’est jamais trop tard.
Je Vous prie de bien vouloir nous donner Votre bénédiction.Et je saisis cette occasion pour Vous renouveler l’expression de mon très profond dévouement dans le Seigneur.
Don Davide Pagliarani

Il y a aussi un contributeur du FC qui aborde le côté pratique de la chose même si c’est dans un style fielleux. Comment récupérer les casquettes, rembourser la « cuvée des sacres », s’excuser auprès des invités déjà arrivés à Ecône, renvoyer les traiteurs ? En 1988 Mgr Lefebvre avait fait la même observation. J’ajoute que si l’abbé Pagliarani annulait tout la veille des sacres c’en serait fini de la crédibilité de la FSSPX. De 1988 à 2026 les procédés de déstabilisation sont les mêmes. « On t’envoie une bagnole, tu montes dedans, tu files à l’anglaise en laissant en plan tes invités, destination inconnue, et à l’arrivée un sous-fifre te fait un pied de nez ».
Ras le bol de ces querelles byzantines. Tous servent le Christ à leur manière. Il faut laisser à chacun la manière dont il exerce le culte.
Votre posture est curieuse. Vous sous-entendez que finalement tout cela sera la faute du vicaire du Christ qui est coupable vis à vis de ceux qui refusent de lui obéir ?